Nazis et collabos.

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ADOLF EICHEMANN, LE TRANSPORTEUR DES JUIFS VERS LES CAMPS D'EXTERMINATION..

 

Adolf Eichemann naquit en Autriche, en 1906, près de Linz, dans une famille de la classe moyenne. En 1932, il adhéra au parti nazi autrichien sur les conseils d'Ernst Kaltenbrunner, futur chef du RSHA. En 1934, il intégra la SS et plus particulièrement le SD, le service de renseignement de la SS alors dirigé par Reinhard Heydrich.  Très rapidement, il est muté aux "affaires juives" et, fonctionnaire consciencieux, il prit rapidement du galon.

En 1937, il est envoyé en Palestine, alors sous mandat britannique, pour évaluer les possibilités d'y envoyer les juifs allemands. Après l'Anschluss, il est envoyé comme chef des "affaires juives" à Vienne et est chargé d'expulser les juifs d'Autriche. En août 1940, il rédigea un mémorandum pour déporter tous les juifs d'Europe dans l'île de Madagascar ! A cette époque, l'extermination des juifs n'est pas encore d'actualité, mais plus pour longtemps.

En janvier 1942, il participa avec son chef, Heydrich, à la conférence de Wansee, près de Berlin, qui décida de l'extermination des juifs européens. Eichemann y est désigné comme chef des transports qui va alimenter les camps d'extermination en "juifs d'Europe" ! Fonctionnaire consciencieux et zélé, il dirigea le transport de 450 000 juifs de Hongrie vers les chambres à gaz, en 1944, son dernier fait d'armes !

Après la guerre, il fallut les témoignages de Rudolf Hoess, le commandant d'Auschwitz et de Dieter Wicisleny, un de ses proches, pour que le nom d'Eichemann soit associé à la "solution finale". Sous un faux nom, ce dernier s'est fondu dans le paysage, mais les alliés le recherchent activement. En 1950, sous la pression, il est exfiltré vers l'Argentine via une filière catholique sous le nom de Riccardo Klement. En 1952, alors qu'il habitait la banlieue de Buenos Aires, il fit venir sa femme et ses enfants. Dans la capitale argentine, où il croisait régulièrement le docteur Mengele, autre exilé nazi, il devint mécanicien.

En 1960, les services secrets israéliens retrouvèrent la trace d'Eichmann et David Ben Gourion, premier ministre d'Israël, lança l'opération Attila, qui consistait à kidnapper le criminel nazi en Argentine pour le ramener en Israël, pour qu'il réponde de ses crimes. Un commando israélien, dirigé par Isser Harel, partit alors pour l'Amérique du sud et enleva l'ancien nazi, un périple qu'a raconté Neal Bascomb dans son livre "La traque d'Eichmann".

Le 11 avril 1961, à Jérusalem, commença le procès d'Adolf Eichmann, qui dura plusieurs mois.

 

Dans sa cage de verre, l'ancien fonctionnaire de la "solution finale", au physique quelquonque, poli et respectueux, se cacha derrière les ordres de ses supérieurs pour justifier son action. Rond-de-cuir zélé, il n'avait fait qu'obéir aux ordres de ses supérieurs, notamment ceux d'Himmler. Hannah Arendt, la philosophe allemande écrivit en 1963, "Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal", où elle essaie d'expliquer comment des "hommes ordinaires" ont pu exécuter le pire crime de l'histoire universelle !

Après 8 mois de procès, l'accusé est déclaré coupable et est condamné à mort. Il est pendu le 31 mai 1962.

 

 

 

 



01/04/2017
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